Musique pour l’arbre devant chez moi 3 : Ain’t them Bodies Saint

Fin septembre, l’arbre devant chez moi a jauni, pour la peine, je me suis autorisé à utiliser un peu d’aquarelle, faute de stylo à bille jaune :

 

Depuis quelque temps je me suis mis à écouter des bandes originales de film des années 2000 à aujourd’hui. Je crois que ça a commencé par Interstellar, où je m’étais dit « pas mal ce film, dommage qu’il y ait des images moches et des dialogues stupides, ça empêche un peu d’écouter les grandes orgues. ».

En discutant avec des musiciens j’ai compris que la musique était un moyen très puissant d’insuffler de l’émotion dans un scénario qui rame un peu (voire qui rame beaucoup dans le cas d’Interstellar), car il y a certains sons dont on connaît précisément l’effet sur le cerveau (par exemple Zimmer dans Dunkerque utilise la gamme de Shepard), et il me semble que, alors qu’il m’a semblé, dans les années 90, qu’elle était devenue un élément très secondaire, les films d’auteurs hollywoodiens comptent de plus en plus dessus et de moins en moins sur la qualité du scénario. Et donc, autant écouter directement leurs musiques.

Dans les BO, j’ai redécouvert ce qui a plus ou moins disparu de la pop actuelle : de l’espace, de la profondeur, de la complexité, et même de l’innovation (ici une vidéo qui explique que l’appauvrissement de la pop de radio n’est pas uniquement un fantasme de vieux con nostalgique*). Je ne sais pas si il y a un lien, mais je ne peux pas m’empêcher de mettre les deux phénomènes en parallèle : une pop devenue de plus en plus pauvre, des BO de plus en plus riches.

Je m’attendais à trouver assez facilement des sites spécialisés dans les BO, où j’aurais pu en découvrir de nouvelles, mais j’ai dû chercher un peu avant de trouver cet article qui propose une liste d’une cinquantaine de BO du XXIe siècle. Je connaissais une partie de ces scores, mais je n’ai pas encore fait le tour de ceux que je ne connaissais pas. Beaucoup d’entre elles me donnent envie de voir le film qui correspond mais je crains que ce ne soit pas tellement le cas de Ain’t them Bodies Saint (les Amants du Texas en Français), malgré ma sympathie pour l’actrice Rooney Mara, de loin ça m’a l’air d’une histoire de braqueur amoureux.*

Son  compositeur, Daniel Hart, me semble assez proche de cette mouvance de pop folk sophistiquée des années 2000, dans laquelle on trouvait des gens comme Sufjan Stevens ou Andrew Bird. Il y a de la mandoline qui imite le banjo et des claquements de mains.

Enfin en tout cas je l’ai écoutée tout l’été.

* l’objection que je ferais à cette vidéo c’est que ce n’est pas parce qu’une musique est pauvre qu’elle est mauvaise, sinon on peut jeter Kraftwerk, Young Marble Giants ou les Buzzcocks . Mais bon cet appauvrissement est réel. Probablement, la pop actuelle reste assez créative, mais je ne la connais pas assez pour la défendre.

*pour moi la meilleure histoire d’amour de braqueur est Hors d’atteinte, avec George Clooney et Jennifer Lopez, qui bénéficie lui aussi d’une chouette BO, comme beaucoup de films de Soderbergh (Solaris en particulier)

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