LA VAPORWAVE : L’esthétique inattendue des années 201X

Le genre Vaporwave fut une première fois évoqué dans un article rédigé un peu par dessus la patte et avec ironie – malgré une curiosité non feinte – par l’utilisateur Polatouche 1er. Ce qui aura au moins eu le mérite de faire réagir un de nos lecteurs, M. Toolmode, un passionné par ce genre fou et bizarre qui nous gratifie d’une introduction plus sérieuse au genre, et surtout d’une véritable mine d’or de liens rose et flashy pâle pour les zoreilles ! Enjoy comme disent les jeunes et François Fillon ! (note d’intro : P.1er)

Fille illégitime du Seapunk et de la Chillwave, elle était semblait-il destinée à une vie éphémère… Mais c’était sans compter sur les fées binaires d’Internet et la rage créatrice de ces artistes-samplers, gourmands de sirop à la codéine !

Cinq ans déjà (âge non officiel) que ce mouvement musical inonde le Web et, précoce, a déjà fait des petits aux formes multiples et aux espérances de vie plus ou moins longues.

Un retour aux sources s’imposait donc à nous. Tâchons d’y voir plus clair !

Bien qu’il ne soit pas aisé de définir quel a été le premier titre vaporwave, la plupart des articles sur le sujet présents sur le web donnent à penser que c’est l’album de Chuck Person (alias de l’artiste Daniel Lopatin, mieux connu sous le pseudo Oneohtrix Point Never)« Eccojams volume 1 », sorti en 2010 qui serait à l’origine du style. Les bases esthétiques vaporwave sont, en effet, bien présentes dans cette réalisation :
-Des samples aux sonorités 80’s ou de musique pop indéfinie, ralentis et bouclés à outrance
-Une jaquette au visuel de jeux vidéo 90’s lorgnant du côté de la console de jeux SEGA Megadrive
-Un enregistrement disponible au format digital mais aussi … sur cassette audio.

Au final, un résultat pas très convaincant et, osons le dire, une torture pour les oreilles ! S’agit-il d’une blague ou d’un travail volontairement bâclé ? Difficile à dire, le côté « facile » de la musique électronique à base de samples est ici en tous cas allègrement parodié.

Le deuxième album déclencheur souvent cité est « Far side virtual » de James Ferraro, ce dernier penchant plutôt du côté de la musique ambient. Le « artwork » de ce disque s’ancre davantage encore dans le visuel vaporwave : couleurs criardes, insertion de biens de consommation (un Ipad en l’occurrence) et copie d’écran Google Street View en guise de fond d’image.


Il faudra
 attendre Décembre 2011 et la sortie de l’album « Floral Shoppe » de Macintosh Plus (pseudo de l’artiste Vektroid, de Portland) pour que la Vaporwave devienne un courant musical et un mouvement artistique à part entière.

Le curieux mélange de caractères japonais dans les titres des morceauxadditionné à dereprésentations de sculptures antiques et/ou néoclassiques ainsi que des images rappelant celles des programmes d’exploitation Windows seront les ingrédients de ce qui va suivre.
Au niveau des sonorités, on retrouve l’utilisation de samples ralentis et soumis à des effets « chambre d’écho » mais, au contraire de Chuck Person, le résultat est plus harmonieux et même groovy.

Le titre リサフランク420 / 現代のコンピュー est certainement LE morceau phare, non seulement de l’album mais aussi du mouvement. Il sera d’ailleurs remixé, retransformé et même pastiché largement par la suite, de même que l’image du buste classique de la pochette de l’album.

La suite se manifeste sous forme d’une production boulimique largement diffusée sur les sites comme Bandcamp ou Soundcloud. Sur ces derniers, vous pourrez constater que le « tag » vaporwave vous offrira un pèle-mêle d’images de produits de consommation aux couleurs flashy. Au détour d’un centre commercial vous trouverez peut-être la Vénus de Milo sirotant un Pepsi Crystal en regardant une cassette VHS sous un palmier  pixélisé, le tout saupoudré d’images grotesques issues de la culture « internet meme ».

Bref, il vous faudra bien du courage pour arpenter ce dédale de photos « glitchées » pour,néanmoins, en ressortir avec de véritables perles musicales et pour vous aider dans votre découverte, nous vous  dénicher quelques incontournables, résultats de mois de recherche obsessionnelle.

La vaporwave ayant des sous-genres et des appellations très diverses, nous avons pris le parti de réaliser le classement suivant par « tag » (par exemple : vaportrap) ou par label. Cette liste est largement inspirée de celle-ci, fort exhaustiveMais un « écrémage » encore plus important à été réalisé et quelques « coups de cœur » personnels ont été ajoutés.

Bon voyageミュージカル ~ Cliquez &  Vaporwavez ! ~


 / Proto
 vapor 

Chuck Person’s eccojams (pour les plus curieux)

James Ferraro Far Side Virtual

/ Vaporwave classique 

Macintosh Plus Floral Shoppe

Laser disc Vision New Dream LTD

Nmesh Dream Sequins®

Nmesh Nu.wav Hallucinations

Eco Virtual ATMOSPHERES 1


/ Vaportrap
 

Blank Banshee 0

Vaperror Mana Pool

Subaeris New Tokyo Blue Mood


/ Future funk 

Ce style est un dérivé de la vaporwave qui est largement inspiré de la house à cela près que les samples sont très orientés « disco », ce qui en fait une sorte de version « dance » de la vaporwave.

Bl00dwave Seavibes

Saint Pepsi Gin City

Yung Bae Bae


/ Dream

Désigne une forme d’ambient 2.0

Telepath テレパシ能力者

Hong Kong Express Hong Kong Express

Shima33 Museum

HKE HK

Internet Goddess Shinamata The Unified Consciousness (morceau trois à écouter d’urgence)


// 
Labels à suivre

Beer on the Rug

Business Casual

Dream Catalogue

Illuminated Paths

DMT[REC]

Ailanthus Recordings

Fortune 500

Fantasy Deluxe

+100


// Coups de 
cœur 

2814 est le duo formé par HKE et Telepath, il nous livre deux albums athmosphériques qui nous plongent dans des ambiances à la « Blade Runner ».

Surfing Deep FantasyAvec cette réalisation, ce duo de Melbourne offre à la vaporwave son album le plus « pop » mais aussi un des plus aboutis et va bien au delà des clivages qui enferme une musique dans un style.

Esprit Fantasy Virtua.zipUn petit album très simple mais néanmoins très éfficace. Un peu influancé par « Boards of Canada » ? Qui sait ?

Home OdysseyUn formidable album que l’on pourrait classer dans le domaine de la synthwave, mais reste une des meilleurs réalisations estampillée vaporwave.

Luxury Elite NoirParce que même quand ça sonne 80’s ; noir c’est noir…

Et nous terminerons par cette superbe compilation sortie sur le label Dream Catalogue, un must de 73 titres, idéal pour vos longs voyages…

…et par cette vidéo (pas de version VOSTFR, désolé) qui va encore plus loin dans l’explication du concept.


Article écrit par M. et Mme Toolmode 

 

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