Tope là (2016 edition)

10. Britta Phillips – Luck or Magic

Deux ans après son mari Dean Wareham, Britta Phillips sort enfin son premier album solo. Tout y est magnifique, entre twee et dream pop. La reprise de Drive des Cars est parfaite.

9. David Bowie – Blackstar

Un disque testament difficile à écouter en faisant abstraction de la mort de son auteur. C’est quand même objectivement son meilleur disque depuis Outside.

8. William Tyler – Modern Country

Réunissant un groupe de rêve, avec notamment Glenn Kotche à la batterie, William Tyler sort son meilleur album, hommage d’un progressiste à l’Amérique « du milieu », celle-là même qui a élu Trump.

7. PJ Harvey – The Hope Six Demolition Project

Les textes, qui décrivent d’une façon clinique un projet d’urbanisme dans un quartier pauvre de Washington DC, ont beaucoup fait parler, mais c’est musicalement que le disque épate, avec un usage très original des cuivres et des références explicites à la musique noire américaine. Un retour gagnant après deux ou trois disques en demi-teinte.

6. Car Seat Headrest – Teens of Denial

Esbrouffe ou génie. Will Toledo enchaîne les références à la power pop de la fin des années 90 (Weezer, Nada Surf, Cake, etc.) mais ses compositions sont tellement accrocheuses qu’il est difficile de résister, notamment sur l’épatant « Drunk Drivers / Killer Whales ».

5. Alcest – Kodama

Après un détour presque pop, le groupe français revient au metal, réintroduisant sur certains titres du chant hurlé. On sent pourtant qu’Alcest a gagné en profondeur, la dynamique du disque est prodigieuse et les guitares sonnent comme jamais.

4. Shearwater – Jet Plane and Oxbow

Jonathan Meiburg a définitivement lâché le folk pastoral pour se lancer dans une pop arty, ouvragée et magnifiquement produite qui flirte parfois avec Peter Gabriel ou le Bowie de la trilogie berlinoise. Musicalement, il porte une réflexion profonde sur les Etats-Unis.

3. Nick Cave – Skeleton Tree

Comment réagir face à la mort d’un fils ? On savait que Nick Cave était l’un des meilleurs songwriters vivants et, bien sûr, face à ce désarroi, il a su relever le défi, produisant avec ses Bad Seeds (Warren Ellis, notamment) une liturgie sombre qui finit pourtant par tendre vers la lumière. Prodigieux.

2. Emma Ruth Rundle – Marked to Death

Tour à tour bouleversant, apaisant ou dérangeant, le troisième album d’Emma Ruth Rundle est une fenêtre ouverte sur l’intimité de la chanteuse-guitariste, habité par des guitares tantôt furieuses, tantôt rêveuses. Un grand disque intense.

1. Radiohead – A Moon Shaped Pool

Qui aurait pu penser que Radiohead avait encore un chef d’oeuvre dans les tuyaux ? Max, mon ami et collègue « polatouchien », décrit ce disque mieux que je ne pourrais le faire. Ce n’est pas de la musique jouée avec des instruments mais avec des matériaux : du bois et des cordes. C’est l’équivalent, en musique, d’une toile de maître : une pièce classique, construite avec un amour de la mélodie et de l’harmonie qui laisse pantois. Plus de quinze après Kid  A on peut encore une fois  affirmer : « everything is in its right place ».

par Yann

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