Punchline (2) : Vîrus, Cafarnaüm

Comme dirait le Jury de la Nouvelle Starr Academy, « il a son univers ». C’est à dire l’enfer d’une boîte crânienne injectée de bile noire et (en élargissant le champ au maximum) celui de sa chambre fermée à clef. Vîrus développe un ego-trip à l’envers, basé sur l’auto-dénigrement et la misanthropie. Bien sûr, le résultat de cette recette amère est qu’il nous tend aussi un miroir, et se fait personnellement celui de nos angoisses et de nos haines les plus solitaires. Bien sûr au détour d’une phrase, le dispositif est cyniquement adapté pour envoyer de vilaines pichenettes à ses contemporains. On est pas dupes, mon gars ! Il n’empêche que ces manières sont suffisamment singulières et têtues pour se démarquer dans la cour de récré  du rap français. Si l’humeur la plus sombre est habituelle du genre, (dés)axer une carrière au micro uniquement sur une inquiétude existentielle l’est un peu moins. Et renouveler au fluide glacial ses punchline suicidaires de titres en titres mérite bien une petite ola! de croque-morts casquettés.

Cafarnaüm ouvre le premier des deux EP réédités ensemble en 2015 : Faire-Part (2013) et Huis-Clos (2015). Vîrus y trouve le (à bout de) souffle idéal pour développer son bréviaire de la détestation.
L’introduction duraille est rappée avec une lenteur quasi souffreteuse:
« Quand ça va j’ai rien à dire, quand ça va pas j’dis rien  J’ai pas de problèmes j’en suis un ». Je vous laisse déguster la tournure de la suite ci dessous.

Un autre morceau au titre chantant (« Tout seul »), partagé avec le rappeur AL sur l’album 2012 de ce dernier (Terminal 3).


Le Bandcamp de Vîrus


Par Polatouche Premier
Dessin : Stanislas Gros

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