Prince (1958-2016)

Prince
Illustration : Stanislas Gros

Mon Prince, c’était un peu celui des disques pourris. Oubliez Purple Rain et Sign O’ the Times : la première rondelle que j’ai achetée de lui s’appelait Rave un2 the Joy Fantastic et c’est considéré comme l’un de ses plus mauvais albums. Au début des années 2000, tu allais chez Gibert et tu pouvais te faire la collection complète pour une somme modique. Même des disques comme Around the World in a Day, on les trouvait pour 4 ou 5 euros en occasion dans les bacs. Cela paraît peut-être dingue compte tenu des hommages qui lui sont rendus aujourd’hui, mais il y a quinze ans, Prince – qui venait de récupérer son nom – était vraiment au creux de la vague. Du coup, j’ai tout acheté : The Rainbow Children, Musicology, 3121, etc. Puis, j’ai fait le tri et revendu certains d’entre eux. Entre temps, Prince était revenu au sommet via ses prestations scéniques, mais jamais vraiment sur album. N’empêche, il y a toujours un ou deux morceaux à sauver sur à peu près tous ses disques. Sur Rave un2 the Joy Fantastic, il y a un morceau qui s’appelle « Undisputed » avec un featuring de Chuck D. et franchement, c’est un bon plaisir coupable.

Parmi les classiques, je retiens avant tout Parade qui est, je crois, mon disque préféré de lui. « Sometimes it Snows in April » aura sûrement été la phrase la plus citée en ce triste 21 avril, mais c’est tout le disque que j’adore, en particulier la sublime balade « Do U lie? ».

Je n’ai jamais vu Prince en live, je sais qu’il était un guitariste extraordinaire, j’ai adoré l’album One Nite Alone, mais ce n’était pas mon Prince préféré. Je crois que je préférais l’idée du mec paranoïaque tapi dans son studio de Minneapolis. Ça tombe bien, parce qu’apparemment, c’est ce Prince là qui s’est éteint hier, dans l’ascenseur de Paisley Park, sûrement entre deux bidouilles.

Roger, tu nous auras fait chier jusqu’au bout. Tu nous quittes, et nous, on ne peut même pas partager ta musique sur les réseaux sociaux car tu avais tout fait retirer. Alors, pour la peine, on va se contenter de mettre la plus belle interprétation d’une de tes plus belles chansons …

Par Yann – illustration : Stanislas Gros

 

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