Je me souviens un peu, simple récit sans ironie

A 6 ans j’ai perdu mon père et ma soeur est née. Il y a une zone grise dans mes souvenirs. Je ne sais plus ce qui s’est passé avant ou après. Je sais que je mangeais des yaourts à la noisette avec lui quand il était là, c’est presque tout. Tout le reste est sensation. On m’a parfois dit que je pouvais lui ressembler. Je veux bien le croire. Mais ce que je sais aussi, c’est qu’il m’a laissé beaucoup de musique. Il y avait des vinyles, et surtout plein de k7, numérotées. Les artistes et les chansons étaient détaillés au dos avec une écriture minutieuse (Il savait dessiner aussi, et là il ne m’a rien « légué », je crayonne encore comme un petit de 6 ans, et pas très doué de surcroît). Ces enregistrements, du moins en partie, sont longtemps restés chez moi. J’ai pu en écouter plus tard, mais beaucoup ont été perdus, qu’y avait-il sur la K7 numéro 7 et la 36 ? Sur ces repiqués de vinyles, il y avait du Jazz, de la musique classique, de la musique indienne, des chansons. Enfin tout cela je l’ai reconstitué plus tard, en grandissant. Ce que je sais c’est que j’ai dû en entendre beaucoup. Ce qui me revient, c’est que je trouvais certaines musiques bizarres . Que j’en adorais d’autres. Certaines me font pleurer quand je les entends aujourd’hui (une preuve de mon enfance). Comme la chanson Pull Marine de Gainsbourg chantée par Isabelle Adjani. Je n’ai su seulement adolescent de qui était ce titre en tombant dessus par surprise.

Sur une autre K7 ( numéro…? ) :
Face A : Miles Davis, Big Fun
Face B : The Art Ensemble Of Chicago, Chi Congo

Une chanson… bizarre :

Aussi longtemps que je me souvienne, j’ai traîné un mange-disque rouge (ou orange) partout avec moi, dans toutes les pièces. Je ne pouvais pas m’en passer. En fait 30 ans plus tard, cela n’a pas changé. Histoires racontées ou musiques, chansons. J’ai été d’abord un enfant du son, non de l’image. La télé, je l’ai eue assez tard, d’abord en noir et blanc. Un objet minuscule dans lequel il fallait coincer un crayon pour que le bouton de la chaîne tienne. Par contre oui, toujours du son. Je réfléchis: il est toujours tentant de réécrire sa propre histoire. Il y a les faux souvenirs, ceux qui cadrent, ceux qui se mélangent. Mais oui toujours du son, j’en suis persuadé. Je n’ai aucun souvenir d’avoir existé sans ce mange disque rouge (ou orange). Et j’écoutais des k7 sur le magnétophone Technics gris métal. Tout petit (avant ou après le décès de mon père ?), en boucle, au casque parfois, La Flûte Enchantée de Mozart. Une version mi-racontée en français. Après j’allais feuilleter une BD, comme les Schtroumpfs et le Cracoucass.

schtroumpfsles05

Par Polatouche  Premier

3 réflexions sur “Je me souviens un peu, simple récit sans ironie

  1. Magnifique article qui m’a mis les larmes aux yeux (mais je suis fatigué en ce moment)
    Mon mange disque à moi était orange !
    Zebulon (xsilence)
    Et accessoirement animateur de la playlist rock indé tous les lundi soir à 20 h 30 sur radiograndbrive !

  2. Merci Zebulon ! Et merci de nous suivre en général.

    Génération mange-disque en force donc ! Rien à faire, je ne me rappelle pas si il était rouge ou orange. Mais la vraie surprise serait qu’il soit bleu.

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