La Mélancolie des années 10 : l’effacement

A croire que nous sommes toujours plus fatigués. Que nous souhaitons notre propre dissolution. Le minimalisme des décennies précédentes se prolonge ( savant, ambient, ou plus pastoral, ce n’était donc pas juste une tocade ) , jusqu’à l’effacement. Que les sons partent en brumes ou en séquences micro-cellulaires, le goût de l’éthéré semble toujours aussi prononcé, et le « presque » prolifère. Parfois on se la joue Bouddha en descendants, que sais-je, d’une Eliane Radigue, parfois c’est comme une sieste, mais souvent, c’est une tristesse infinie. Une mélancolie attachée aux détails qui s’estompent, à la disparition, une autre maladie floue, un étiolement des sens qui remplace les larmes.

« Quand les cordes invisibles,
Sous des souvenirs de mains,
Tremblent dans l’éther sensible
De tout le sillage humain,

On voit les morts de l’espace
Se rassembler dans les airs
Pour commenter à voix basse
Le passage de la Terre.

Rien ne consent à mourir
De ce qui connut le vivre
Et le plus faible soupir
Rêve encore qu’il soupire  »

Jules Supervielle , Souffle, 1923


Grouper
/ Thomas Köner / Akira Rabelais / Dirty Beaches

Par Polatouche Premier

Photo : Snjezana Josipovic

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