La Mélancolie des années 10 : les laideurs du temps

La mélancolie des années 10 deale plus que jamais avec la laideur. Non plus celle des scies à métaux, des tribus bruitistes de mimes d’usines : les nouvelles matières profanatrices du beau sont les effets électroniques à la portée de tous, d’allures interchangeables ou disgracieuses, ces sons du quotidien banal informatique et de l’échantillonnage mondialisé. Pour n’en prendre qu’un seul, un Amon Tobin tentait il y a quinze ans de se hisser ( avec génie ), à la dite hauteur ( dis-je ironiquement ) d’un musicien traditionnel ( on a souvenir du brésilien évoqué dans des magazines de jazz comme un compositeur electro plus que fréquentable). Indifférents semble-t-il à toute idée de noblesse, des nouveaux metteurs-en-son désabusés plongent avec délectation dans le trop plein du constant flux sonore contemporain. Des cheap fangeux à la force d’être cheap, des faux bonheurs, des surcharges désolantes, des nappes sonores déjà vieillies, jusqu’à la nausée. Jusqu’à la tristesse, qui ne semble  jamais manquer de nouveaux subterfuges absurdes pour se réincarner.

Bebetune$ / Blank Banshee /  18 +Maria Minerva / Kanye West


Par Polatouche Premier

Photo : Jiri Ruzek

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