Trois reprises de Leonard Cohen

Je suis allé cherché l’anguille dans une botte de foin. Je ne dis pas l’aiguille, car une vraie aiguille dans une vraie botte de foin,  tentez l’expérience, essayez donc de la trouver, et on en reparle. Donc une anguille, mais dans une grosse botte de foin tout de même : celle des reprises du répertoire de Leonard Cohen. Ecartées les interprétations – certes fascinantes- de Gérard dans sa grange ( et ses bottes de foin ) et de Kevinovitch de la Star Ac’ Ukrainienne, ainsi que les 33 000 versions plus ou moins hurlées de Hallelujah , j’ai eu l’heur de tomber sur deux beaux titres interprétés par des artistes actuels qui habitent mon oreille avec ténacité depuis pas mal d’années, et d’un troisième en forme de bubble gum de très bon goût.

Marissa Nadler avait le profil pour l’entreprise, avouons le. Une chanteuse à guitare folk d’à peu près mon âge ( que vous pourrez donc deviner, pour les plus paparazzis d’entre vous,  en allant consulter sa bio ), et qui m’accompagne depuis une dizaine d’année ( l’année de son premier album est 2004, pour Ballads of Living And Dying ). Une décennie durant laquelle elle n’a que peu changé la formule:  une voix belle, triste, noyée de reverb, une six cordes et un instrumentarium plus ou moins fourni selon titres et albums.
Toujours est il que la voilà, jouant un des grands tubes du vieux: Famous Blue Raincoat. Et que bien sûr, ça marche. Que c’est du genre somptueux, comme presque tout ce qu’elle chante.
J’ai choisi une version live, mais une version studio est aussi disponible.

Vous pouvez écouter la version originale de Leonard Cohen ICI et trouver son texte ainsi qu’une traduction LA

Plus étonnant paraît l’idée que le groupe Harvey Milk s’attaque à ce répertoire ( mais Harvey Milk est justement un groupe étonnant ). Harvey Milk, groupe à éclipses, actif six années dans les nineties pour ne revenir qu’en 2006 avec ce que je considère comme un des plus beaux albums de rock (au sens le plus large du terme ) accouchés depuis dix ans  : le dénommé Special Wishes. On pourra toujours évoquer  en vrac les Melvins, le noise rock, divers hard rock… mais reste surtout ce lyrisme titubant et hurleur de bûcheron bourré.
Au bout d’une petite recherche, on découvrira que cette bande de bizarres a repris sur disque par trois fois Leonard Cohen, à chaque fois dans le plus simple appareil musical: Seem So Long Ago Nancy, The Old Revolution, et One Of us Cannot Be Wrong.

Vous pouvez écouter la version originale de Leonard Cohen ICI et trouver son texte ainsi qu’une traduction ICI

Aux antipodes de cette interprétation, et de l’autre côté de la botte de foin, voici enfin The Lemonheads, accompagnés de la starlette Liv Tyler, qui osent mener le romantisme sombre de Hey, That’s No Way To Say Goodbye vers une  ritournelle au look plus léger en l’année 2009. Comme une petite ballade pop, cette appropriation  est pourtant loin d’avoir essoré toute la tristesse de la chanson originale. L’artificialité, notion par ailleurs plutôt relative, a aussi ses atours, différents mais expressifs;  la formule, dirons nous  ‘ à la Gainsbourg ‘ ( un duo pop avec une jeune en vue à petite voix) porte parfois ses fruits.

Vous pouvez écouter la version originale de Leonard Cohen ICI et trouver son texte ainsi qu’une traduction ICI 


Par Polatouche Premier

Dessin : Stanislas Gros

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