Sur Paul Thomas Anderson

-« Et moi, je n’en sais pas beaucoup plus ! affirma le commissaire. Un drôle de gosse est mort, devant moi, bêtement, et il y a autour de ce geste-là un sacré grouillement que j’essaie de démêler… Je fonce là-dedans comme un sanglier et cela ne m’étonnerait pas si je finissais par me faire taper sur les doigts… »

Georges Simenon, Le Pendu de Saint-Pholien

-Je vous recommande véhémentement le Cinéaste -Paul Thomas Anderson dont le -Inherent Vice était à l’affiche chez Le Palace, Mulhouse, il y a lurette. On dit de lui qu’il a des thèmes obsessionnels : décadence prodigieuse et son foisonnement ;  regard acéré sur les Etats-Unis, voie sans issue où mène la quête du bonheur ; démantibulation des certitudes, vérités révélées et premières, opinions. Oh ! L’Acuité. Il a réalisé 7 Films dont les 3 derniers lui ont valu le peloton d’acclamation, célébration d’importance et d’être figure de proue du Nouvel Nouvel Hollywood, c’est-à-dire :
-There Will Be Blood (2007)
-The Master (2012)

-Inherent Vice (2014)

Et avant cela, loué par la Critique pour -Boogie Nights (1997), le film aux destins enchevêtrés -Magnolia (1999) ou bien la comédie non-sensique -Punch Drunk Love (2001).

Nous portons notre attention sur ses deux derniers films -The Master et -Inherent Vice.

Tout d’abord, -The Master (2012) (Le Maître) avec les prodigieux Joaquin Phoenix et Philip Seymour Hoffman relate un état de dépendance commun entre le meneur d’une secte environ scientologie et un marin désarroyé, alcoolique absorbant à gros bouillons de la toxicité, vétéran courbé, traumatisé de la Seconde Guerre Mondiale, en-dehors absolu et paria achevé. Film aux propos complexes et nuancés, sans résolutions, tragi-comédie ô combien réussie. On soulignera les Beautés de la musique de Jonny Greenwood et la photographie de Mikai Malaimare Jr.

(Interlude Musique et Rafraîchissement avec Paul Bley, rendant hommage à La Femme aux Cigarettes -Ida Lupino, actrice et réalisatrice à peine estimée qui mit en scène dans les années 50 des films dont d’Aucun(e)s affirment la Franchise, la Densité et l’Intimité d’où acte).

-Inherent Vice déroule une intrigue sinueuse et à peine compréhensible dans la Californie de 1970. C’est 1 télescopage ô combien inabouti du -Privé de Robert Altman (1973) compliqué du -Grand Sommeil de Hawks (1947) et du -Big Lebowski des Coen (1998). Narrant le désenchantement  qui suivit le rêve Hippie et les massacres édictés par Charles Manson, jeu de dupes dont l’atmosphère hallucinogène et démente est le prétexte d’une dérivation embrumée à travers les strates de la corruption, du pouvoir et de l’argent qui vicient tant d’utopies, voire inhérentes. Le détective hippie Larry « Doc » Sportiello est chargé par son ex petite amie de protéger des visées cupides de l’épouse son ami actuel. S’ensuit un imbroglio où nombre de protagonistes surgissent comme des diables hors d’une boîte dans une Californie coloriée. Outre une interprétation inventive de Joaquin Phoenix, le film recèle tant de morceaux de bravoure des acteurs Josh Brolin, Owen Wilson, Benicio del Toro que ceci supportera plusieurs visions avant que le charme de son éclat ne s’estompe. Voilà les raison pour lesquelles il faut voir. Il en est d’autres : drôlerie, bonhomie pateline, score signé Jonny Greenwood émaillé de titres extra-choix de Can, Neil Young et tant d’autres, photographie de Robert Elswit. D’après un roman de Thomas Pynchon.

« Si les mots suffisaient
Pour tout réaliser
Tout en restant assis
Avec les bras croisés
Je sais que dans une cage
Je serais enfermé
Mais c’est une autre histoire
Que de m’y faire entrerDa-da-da-da-dam
Da-da-da-da-dam
Car il ne suffit pas
D’avoir les cheveux longs »

Johnny Hallyday, Cheveux Longs et Idées Courtes. (1966)

J’espère que ça vous a plu. Il est bien possible que ce soit écrit par un sagouin, mais au moins, c’est sincère.

Par Philippe Desouter « L’Incohérent »

Une réflexion sur “Sur Paul Thomas Anderson

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